Testimony | #GérantdEstrade #Cossette45millions

Seen on a public post on fb on 2020-05-12

Sharing from Padrig Gatth, all about our government’s allotment of 45 million in public funds to Covid advertising aimed at reinforcing their brilliant health directives (useless, insulting propaganda to distract from their complete mishandling of the situation). I for one have never been more excited to pay my taxes. (Maya)

#GérantdEstrade

Ainsi donc, le même jour où l’on apprend que le taux d’approbation de la gestion de crise par Legault et la CAQ est passé de 95 % à 77 % en quelques semaines, les détails du contrat de publicité octroyé à la firme de publicité Cossette pour vendre les salades du gouvernement à la population sont révélés : 15 millions par année sur trois ans.

45 fucking millions.

Pour donner un ordre de grandeur, 15 millions, c’est ce qu’il en a coûté pour reconstruire l’école primaire Baril, à Hochelaga, et la mettre aux normes du 21e siècle.

Le même montant en fonds publics sera donc versé à une firme publicitaire (une industrie reconnue pour sa probité morale et son civisme exemplaire) chaque année, pendant trois ans. Pas trop compliqué que ça.

Et pourquoi? Pour convaincre la population du bien-fondé des directives gouvernementales (celles du moment, quelles qu’elles soient, parce tsé, ça ÉVOLUE). Pour garantir notre docilité, et booster au passage le taux d’approbation du régime caquiste.

Se laver les mains 10 fois par jour, toujours garder ses distances, soit. Porter un masque en public, sure. Mais est-ce vraiment nécessaire de dépenser 15 millions par année pour marteler ce message, alors qu’on nous le répète déjà à longueur de jour depuis des mois? Qu’est-ce qui pourrait bien justifier qu’on mette autant d’argent dans cette enveloppe? Permettez-moi de douter de la bonne foi de ce gouvernement de mononcles graisseux.

Alors que le directeur national de la santé publique, qu’on dit « neutre » et « indépendant » du pouvoir, frétille du cul sur un rap merdique dont l’une des barres est « On est chanceux d’avoir François Legault Suspends tous mes droits, j’te donne le go », quelques jours seulement après avoir fait le clown à Montréal-Nord et distribué des pasteis de nata à des itinérants dans la métropole sous l’œil amusé des caméras, il y a de quoi s’interroger en tabarnaque sur la « neutralité » des messages qu’on voudra ainsi nous faire avaler à coups de millions.

Passons sur l’indécence, pour le directeur national de la santé publique, de danser comme un festivalier en goguette tandis que les morts s’empilent encore à raison d’une centaine par jour. Passons encore sur la petite crisette que ce même haut fonctionnaire a poussée quand certain-e-s spécialistes perplexes ont eu l’outrecuidance de contester du bout des lèvres la sagesse du plan de déconfinement précoce proposé au Québec. Mais que devons-nous penser du goût manifeste de ce monsieur pour l’attention des caméras, de sa propension au cirque médiatique et, surtout, de l’inquiétante tendance qu’il affiche à prêter sa notoriété aux volontés du gouvernement? Non seulement la direction de la santé publique n’a plus rien de politiquement neutre, mais elle participe activement à la game politique et ses directives se confondent aux orientations (politiquement motivées) du gouvernement dans une espèce de feedback loop malsain ou se perd l’intérêt public.

Alors qu’au début de cette crise, même les plus sceptiques d’entre nous répétaient qu’il fallait « suivre la science », après deux mois de crise et une suite ininterrompue de signes et consignes contradictoires, il devient de plus en plus difficile de percevoir où finit la science, et où commence la politique.

Et que fait le gouvernement pour contrer la fâcheuse disposition d’une partie du public à poser des questions, critiquer et résister à ce qui ressemble de plus en plus à une gestion de marde?

Il garroche 45 millions dans une campagne de poudre aux yeux, qui sera sans doute au moins un tantinet plus subtile que le pablum rance qu’il nous sert depuis deux mois, quotidiennement, à coups de buzzwords débiles trouvés le matin même en brainstorm, de mauvaises prestidigitations, de sourires niais et d’appels renouvelés au gros bon sens (toujours celui du patronat et des mononcles qui sont aux rênes de l’État, bien sûr; jamais celui des intervenant-e-s de première ligne, dont l’écho distant est étouffé sous le bruit sourd des carcasses qu’on empile).

45 millions. De fonds publics. Pour nous la faire à l’envers.

Cool cool.

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